Bouger un peu plus… peut déjà sauver des vies

Un nouvel article majeur intitulé “Deaths potentially averted by small changes in physical activity and sedentary time”(Ekelund et al., 2026) vient d’être publié dans la prestigieuse revue The Lancet.

Objectif

Même si les bienfaits de l’activité physique ne sont plus à démontrer, l’objectif de cette étude était d’estimer la proportion de décès potentiellement évitables si :

  • les niveaux d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse augmentaient de 5 ou 10 minutes par jour,
  • et si le temps passé en position assise diminuait de 30 ou 60 minutes par jour,

en comparant deux approches :

  • une approche ciblant en priorité les personnes les moins actives,
  • et une approche appliquée à l’ensemble de la population, en excluant les personnes déjà les plus actives.

 Méthode

Les auteurs ont réalisé une méta-analyse à partir de données individuelles (regroupement de plusieurs études)

Les analyses reposent sur :

  • 7 cohortes prospectives issues de Norvège, Suède et États-Unis(40 327 participants, 4 895 décès),
  • auxquelles s’ajoutent les données de la UK Biobank, analysées séparément (94 719 participants, 3 487 décès).

Au total, plus de 135 000 adultes, suivis pendant environ 8 ans, avec une mesure objective de l’activité physique et de la sédentarité par accéléromètres (et non par questionnaires).

Principaux résultats

  • Une augmentation de 5 minutes par jour d’activité physique modérée à vigoureuse chez les personnes les moins actives pourrait permettre d’éviter environ 6 % des décès.
  • Appliquée à l’échelle de la population (hors personnes déjà très actives), cette même augmentation pourrait éviter jusqu’à 10 % des décès.
  • Une réduction de 30 minutes par jour du temps sédentaire pourrait éviter 3 à 7 % des décès, avec les bénéfices les plus importants chez les personnes les plus sédentaires.
  • Les résultats observés dans la UK Biobank sont d’ampleur plus modérée, mais restent importants et cohérents.

Ces résultats montrent que de petits changements, lorsqu’ils concernent les personnes les plus exposées, peuvent avoir un impact majeur à l’échelle de la population.

⚠️ Limites

Il s’agit de données observationnelles, principalement issues de pays à hauts revenus. La causalité et la généralisation à d’autres contextes doivent être interprétées avec prudence.

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Référence

“Deaths potentially averted by small changes in physical activity and sedentary time”(Ekelund et al., 2026) – The Lancet